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Le Prix de l’Amour : L’histoire bouleversante de Rosalie et L’eyra

Une maladie mystérieuse liée à un nourrisson

Deux semaines. C’est le temps qu’il fallut pour que le miracle ne vire au cauchemar. Rosalie, jadis si forte, n’était plus qu’une ombre errant de salle d’attente en couloirs d’hôpitaux, L’eyra nichée contre son sein brûlant.

— Les analyses ne donnent rien, Rosalie, soupira sa sœur, le regard dur. Regarde-toi ! Tu te vides de ta vie pendant qu’elle, elle semble se nourrir de ta douleur.
— C’est ma fille… hoqueta Rosalie entre deux quintes de toux.
— Non ! C’est un monstre ! s’emporta une amie présente. Tu as eu quatre enfants sans une égratignure. Et celle-là arrive, le cordon autour du cou, et tu tombes en lambeaux ? C’est un démon, Rosalie. Débarrasse-toi d’elle avant qu’elle ne t’enterre !

Rosalie serra l’enfant plus fort. Dans le regard du nourrisson, elle crut voir une lueur d’une intelligence trop ancienne pour son âge.
— Jamais, murmura-t-elle. Dieu me l’a donnée. Je la garderai jusqu’au dernier souffle.            lien mère-fille surnaturel    

 Entre village ancestral et chaos urbain : le choix de la trahison

À bout de forces, Rosalie s’enfuit vers son village natal. Là, sous le couvert des arbres ancestraux, l’inexplicable se produisit. Sans médicaments, sans soins, les couleurs revinrent sur son visage.

Elle ne comprenait pas que L’eyra l’observait. L’enfant l’avait testée. En acceptant de l’aimer malgré la maladie, Rosalie avait gagné son premier combat. Le bébé aimait cette terre rouge, ce calme loin du chaos urbain.

Mais à la veille du retour, devant les valises bouclées, l’atmosphère changea.

— On rentre demain, ma petite L’eyra, dit Rosalie en pliant un linge. Ton père nous attend.

Le bébé, d’ordinaire si calme, se figea. Ses yeux sombres se fixèrent sur la porte. Au même moment, à des kilomètres de là, Bernard s’asseyait devant ses comptes désastreux.

— L’enfant de la chance… grogna-t-il en froissant une facture. Tu parles. Rien que des dettes. Elle n’est rien du tout, juste un fardeau de plus.

 L’eyra : Miracle ou fardeau spirituel ?           lien mère-fille surnaturel   

Rosalie sentit soudain un froid polaire envahir la chambre du village. Elle regarda sa fille. Le bébé ne pleurait pas. Il fixait sa mère avec une intensité terrifiante, comme pour lui dire : « Ne me ramène pas là-bas. »

Rosalie ignora le frisson qui lui parcourait l’échine. Elle ferma la fermeture éclair de son sac dans un bruit sec. Elle n’avait pas compris que son choix de rentrer dans ce milieu hostile était une trahison pour l’enfant.

La punition n’allait pas tarder. Et cette fois, la foi seule ne suffirait peut-être pas à la sauver.

L’ULTIME AVERTISSEMENT                                  

La lune n’était pas encore couchée que déjà, la chambre était devenue une fournaise. Rosalie fut tirée d’un sommeil lourd par une plainte étouffée. En tendant la main vers le berceau, elle retira ses doigts aussitôt, comme brûlée.

— Mon Dieu… L’eyra !

Le bébé était livide, le corps secoué par une fièvre foudroyante. Mais le plus terrifiant restait à venir : en se levant pour chercher de l’aide, Rosalie sentit ses propres forces l’abandonner. Ses jambes flanchèrent. La douleur qu’elle croyait disparue revint, plus féroce, lui broyant les os.

Au petit matin, le voyage vers la ville ne se fit pas dans un taxi de brousse, mais dans une course effrénée vers l’hôpital.

Dans l’ambulance de fortune, Rosalie serrait sa fille contre elle. Deux corps brûlants, deux âmes liées dans une agonie identique. Elle croisa le regard du nourrisson entre deux quintes de toux. Ce n’était plus de l’amour qu’elle y lisait, mais un reproche glacial. « Je t’avais prévenue », semblaient dire ces yeux sombres.

— Pourquoi ? hoqueta Rosalie en s’adressant au vide. On ne peut pas rester ici pour toujours… Bernard nous attend…

À ces mots, la fièvre de l’enfant grimpa encore d’un cran.

Les médecins de la ville, déjà impuissants face à la mère, se retrouvaient désormais face à un double mystère. Les lits étaient côte à côte. Les machines bipaient au même rythme, comme si un seul cœur battait pour deux. Rosalie comprit alors l’horrible vérité : elle n’était plus une mère soignant son enfant. Elle était un otage.

L’eyra ne se battait plus pour survivre. Elle se battait pour soumettre.

Selon vous, L’eyra est-elle un démon protecteur ou une sauveuse impitoyable ? »

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