Destinée héroïque mission spirituelle

Le point de rupture : Entre épuisement et solitude

L’air du village, autrefois si pur, pesait désormais sur les épaules de L’eyra comme une chape de plomb. Face à elle, l’immensité de la forêt équatoriale dressait un mur végétal impénétrable. L’eyra fixa l’immensité verte de la forêt. Ce n’était plus une simple rangée d’arbres, c’était une issue de secours. À treize ans, on est censé rêver d’avenir, mais elle, elle ne rêvait que de disparition.
— « L’eyra ! Tu dors debout ou quoi ? Bouge-toi ! »
Le cri de sa grand-mère traversa la cour comme un coup de fouet. Deux mois. Deux mois de vacances dans ce village à s’épuiser pour obtenir un gramme de reconnaissance qui cependant, n’arrivait jamais. C’était le même refrain qu’à la maison : une mère qui l’accusait de tous les maux, un père qui brillait par son absence et puis, ce climat de haine qui rendait l’air irrespirable.
Elle serra les poings, les yeux fixés vers les nuages, ses pupilles noyées de larmes brûlantes.
— « Pourquoi m’avoir jetée ici ? » murmura-t-elle, la voix brisée. « Dans cette famille, dans ce corps ? »

Un passé marqué par l’injustice.

Repensant à ses cinq ans, ce souvenir flou d’une gamine avec un jouet en plastique, seule au milieu d’un deuil qu’elle ne comprenait pas. Depuis, rien n’avait changé. Elle avait passé sa vie à observer les gens, à les tester et aussi, à espérer une preuve d’amour sincère. Résultat ? Un vide immense. Merlin était parti à l’étranger, ses amis s’évaporaient, et la violence des Hommes — le vol, le viol, la trahison — coulait dans les rues comme une eau polluée.
— « Ils sont alors tous pareils, » cracha-t-elle dans un souffle. « Merlin est parti. Irène aussi a disparu. Ceux que j’ai aimés n’ont cependant laissé derrière eux que le goût amer de la déception. »
Elle fixa ses pieds nus sur la terre rouge. Elle n’avait que treize ans, mais portait la fatigue d’un millénaire. Les cris, les viols évités de justesse, les haines gratuites, cette devise humaine qu’elle exécrait : À chaque jour suffit sa peine.
— « Je ne serai pas votre victime, » déclara-t-elle fermement à l’horizon. « Si je ne suis pas à ma place parmi les Hommes, alors je serai reine parmi les bêtes. »

La forêt : Refuge ou condamnation du monde ?

D’un geste lent, presque rituel, elle ramassa un sac plastique contenant déjà quelques bananes mûres qu’elle avait pris soin de réserver. Rien d’autre. Pas de chaussures, pas de vêtements de rechange, elle voulait alors se dépouiller de cette humanité qui l’étouffait. Elle fit alors le premier pas vers l’ombre des grands arbres, là où les racines s’entremêlent comme des secrets anciens.
Ignorant qu’en tournant le dos au village, elle ne faisait pas que fuir une grand-mère acariâtre. Elle emportait avec elle la dernière lueur du monde.
Ce qu’elle ne savait pas, c’est que sa fuite n’était pas un simple caprice d’adolescente. C’était alors une condamnation. L’eyra n’était pas née par hasard ; elle était le seul rempart entre notre monde et le chaos. S’en aller devait mettre un terme à sa mission et plonger le monde dans les ténèbres. Alors serait-ce aussi simple de tout quitter?
Destinée héroïque mission spirituelle
Le destin de L’eyra est-il une fuite lâche ou un acte de courage face à une société toxique ? Et vous, si vous aviez le pouvoir de tout quitter pour recommencer à zéro dans la nature, le feriez-vous malgré les risques ?
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